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Quinzaine des journées wallonnes de l’eau

Steve - 16 mars 2012 - Ecologie et environnement - Commentaires fermés

Né en 2008, le CR Lesse « progresse lentement, mais sûrement », juge celle qui le copilote. Il est l’un des derniers nés de ce programme qui en compte aujourd’hui une quinzaine couvrant les principales rivières wallonnes. Basé sur le volontarisme des participants, le travail mené au sein des Contrats de rivière n’en est pas moins une pièce importante dans le plan de gestion que la Région est tenue de mettre en œuvre afin de respecter les objectifs fixés par la directive-cadre européenne qui prévoit que toutes les eaux de surface et celles qui sont souterraines devront avoir retrouvé un « bon état » d’ici à 2015.

Un chantier de taille sur lequel la Wallonie n’est pas vraiment en avance

« C’est ici », désigne soudain Noëlle De Brabandere, la coordinatrice de l’ASBL qui gère le Contrat de rivière Lesse. Difficile au premier coup d’œil d’imaginer que les quelques mètres carrés de roseaux jaunis qui bordent ce ruisselet anémique sont une zone naturelle d’un intérêt quelconque. D’autant qu’un amas de débris trône au milieu du site. « Tous les déchets plastiques ont déjà été évacués », se réjouit pourtant notre interlocutrice, expliquant que le nettoyage et les opérations de remise en état de ce terrain communal loué à un agriculteur vont se poursuivre, afin de permettre à la végétation de retrouver du souffle.

Si l’endroit ne paie pas de mine, il n’en possède pas moins des trésors cachés pour qui sait prendre le temps de l’observer. « On y retrouve des phragmites (une plante herbacée semblable au roseau) et d’autres plantes typiques des milieux humides comme l’iris des marais. Le martin-pêcheur y a également souvent été observé, ainsi que le bruant des roseaux », commente Anaïs Moreau, la conseillère scientifique de l’association, ajoutant que la roselière joue également un rôle d’épuration. « C’est typiquement le genre de petit site que les gens ne connaissent pas et prennent pour un dépotoir. Cela constitue pourtant une véritable zone refuge pour la biodiversité. C’est vraiment le symbole de ce qui peut-être fait pour la sauvegarder car la crasse attire la crasse », embraie Mme De Brabandere.

Ce travail de réhabilitation, pris en charge par les autorités communales suite à la demande de certains riverains, est l’une des 850 actions définies conjointement par les partenaires du Contrat de rivière dans le cadre d’un programme qui s’étend de 2011 à 2013. Pour établir celles-ci, la petite équipe pilotée par Noëlle De Brabandere avait préalablement parcouru à pied les 2 000 km de cours d’eau qui constituent le bassin-versant de la Lesse. « Nous avons procédé à un inventaire visuel et olfactif de tous les points noirs à corriger, mais aussi des éléments positifs à sauvegarder ou à réhabiliter. » Parmi les principales problématiques identifiées : rejets d’égouts dans la rivière en raison des retards dans le programme d’épuration wallon, dépôts sauvages de déchets, piétinement des berges entraînant des phénomènes d’érosion, présence de résineux trop près du cours d’eau ou de plantes invasives

L’objectif d’un Contrat de rivière, rappelle notre interlocutrice, est d’engager différents partenaires (provinces, pouvoirs communaux, administrations régionales et acteurs locaux tels des associations de pêcheurs, des agriculteurs, des entreprises ou associations environnementales, etc.) à réaliser une gestion intégrée du bassin-versant d’un cours d’eau. Le rôle de la cellule de coordination est de faire bouger les différents partenaires en dégageant ensemble la liste des actions à mener en priorité et en s’assurant que chaque maître d’œuvre mène à bien celles – petites et grandes – qu’il s’est engagé à réaliser.

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