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Récit de la carpe de … 15 Kg ?

Thibault Deffontaines - 3 octobre 2010 - Récits de session - Commentaires fermés

Je vais vous proposer le récit d’une pêche en Ardèche, un matin parmi tant d’autre.

Je l’ai écrit il y a maintenant près de quatre ans, mais chaque fois que je le relis, c’est un bonheur décuplé, celui de la capture d’un poisson inattendu…

A l’époque, je ne connaissait pas tout le matériel des carpistes, à présent je le possède et l’exploite pour approfondir les joies de chaque capture.

Hier, je me suis arrangé avec Jean-François, ou du moins, je l’ai motivé à se lever tôt pour partir au bord de l’eau pêcher les fameuses carpes ardéchoises qui, depuis deux ans, ne mordent plus.

Il est 4h45, il fait nuit noire … mon réveil met en route la radio et là, rien de tel qu’une chanson comme  » Good Vibration » des Beach Boys pour se réveiller. Dans ce cas, le Thibault, y pense même pas à sa vessie qui ne demande qu’une chose, se vider ! Non, non, je me mets à danser, à chanter et c’est bon, je suis en pleine forme pour une journée qui va être…

Je prends un petit déjeuner pas très copieux puisque je repousse depuis dix jours L’épreuve : faire les courses. Note à moi-même : j’ai horreur de faire les courses, faudra que je l’avoue à ma femme ! !

J’ai rendez-vous à 6h00 avec J.-F. pour partir. Là vous êtes en train de faire le calcul et vous vous dites : 1h15 pour se préparer !

He bien oui :

>2min pour se lever (avec bonne chanson, 4 avec chanson pourrie)

>le plus important je consacre 20 min pour me laver

>5min pour s’habiller comme un jeune pêcheur…

>15min pour manger

>10min pour vérifier si tout le matériel est prêt (il a été préparé la veille)

Car oui, chaque matin, lorsque je vais à la pêche en été, je passe un temps fou à prendre soin de moi ! Pas tant pour les poissons, même si j’ai remarqué qu’un pêcheur bien présenté pouvait signifier une ligne bien présentée, et donc des poissons à la clef ;-) , mais plutôt pour le rapport humain qui suit la capture d’un beau spécimen. Il est vrai que lorsque que l’on est propre, les gens viennent facilement vers vous, voir votre capture et vous poser des questions et ça, pour le pêcheur, c’est sans doute une récompense égale au monstre lui même.

Soit. Revenons à nos moutons. Après tous ces préparatifs, je me rends chez J.-F. et nous nous dirigeons vers l’eau …

Nous y arrivons rapidement. On monte les lignes sous les rayons de la lampe torche et voici que commence la longue attente : celle de la pêche à la carpe. Cela fait deux ans que les carpes ne se sont pas montrées, et aujourd’hui, nous avons espoir d’en avoir une au bout de la ligne !

Cela fait maintenant 10 minutes que nos deux lignes respectives sont tendues et, soudain, un son qui ne nous était plus familier depuis fort longtemps heurte nos tympans ! Dans un geste extrêmement vif, nous nous dirigeons vers les lignes, repérons le moulinet en train de se vider (celui du carpiste pro, naturellement) ! Jean-François lève sa canne, serre le frein de son moulinet et ferre un poisson qui se bat peu. Nous nous réjouissons de voir de quel poisson il s’agit pour avoir mordu si vite après la mise à l’eau de nos lignes. J-F me demande de prendre l’épuisette pour prendre le poisson qui, malgré tout, se débat bien. Finalement c’est une jolie Commune qui se laisse glisser dans l’épuisette après une dizaine de minutes de combat. Pesage (2 kg) et séance photos, puis nous laissons repartir notre prise matinale …

Une attente d’environ trois heures s’engage … Nous remontons régulièrement des petits poissons-chats venus goûter à l’une de nos bouillettes. Je parviens également à ferrer un beau chevesne d’un petit kilo …

Mais nous, ce qu’on veut, c’est une carpe, une grosse ! Enfin une carpe …

Il est 9 heures et Jean François décide de m’abandonner quelques instants pour aller chercher le pain, le journal, réveiller sa petite famille … des choses … de la vie normale…

- « je laisse mes cannes dans l’eau, tu surveilles et je reviens dans un quart d’heure ! »

- « Te fais pas de soucis prend le temps qu’il faudra ; de toute manière les carpes aussi elles prennent leur temps… »

Il n’empêche qu’il ne me fallut pas plus de cinq minutes pour « regretter » cette phrase !

Il s’en va faire ses emplettes et moi, maintenant qu’il est parti, je me mets enfin à remonter les lignes cassées la veille car, comme il n’était plus là, et qu’il n’y avait plus grand chose à faire sur la plage désertée des hommes (sauf moi!!), il fallait bien que je m’occupe! ( une occupation qui n’aura pas duré bien longtemps…)

Je commence donc à réparer mes bas de ligne devant une eau calme et plate que seuls de rares poissons viennent troubler. Je répare, regardant par instants si le swinger (dans mon cas une petite pierre) ne se soulève pas. Rien. Toujours rien. Et sans doute pour longtemps…. me dis-je.

Quand soudain….

Ce n’est pas le caillou qui se soulève, mais bien une des cannes de J-F, qui part tout simplement à l’eau dans un rafus qui vient bouleverser la nature à peine réveillée ! Sans penser à l’hameçon presque monté que j’ai dans les mains, je me précipite vers la canne qui ne cesse de s’éloigner du rivage, et je la rattrape. Je serre le frein sans trop forcer et je ferre une bestiole énorme. Ça y est, je le tiens ce poisson !! Durant le combat je me souvient de la canne entrain de se démonté et d’un anneau qui avait craqué… Quel exploit!

Le combat est lancé et voilà maintenant 10 minutes qu’un monstre me mène d’un bout à l’autre de la plage et vice versa. J’appelle Jean François, bien que je sache qu’il est chez mon ami Hugo, le boulanger, qu’il ne m’entend pas et ne se doute de rien.

J’ai maintenant réussi à amener le poisson en surface mais il reste malgré tout de l’autre coté de la rivière et, visiblement, il ne se fatigue guère !!

Peu de temps après, je constate qu’il s’agit de sa Majesté la Carpe. Je ramène doucement cet adversaire qui continue à avoir espoir de m’échapper. La Carpe n’est plus qu’à cinq mètres de moi. Je tremble de tout côté, la joie et l’excitation emmêlées … Cela fait maintenant 20 minutes que la belle commune est au bout de la ligne et qu’elle ne se décide pas à se fatiguer. Maintenant qu’elle est à mes côtés dans l’eau, il faut que je que remonte chercher l’épuisette sur la plage pour sortir ce poisson dignement.

La canne entre les jambes, mes mains s’activent à monter cette satanée épuisette.

J’y parviens !! Je retourne dans l’eau pour tenter de récupérer dame carpe, hélas lors de l’une de mes tentatives, elle décroche et retourne dans les eaux profondes ardéchoises …

C’était une belle commune, sans doute devait-elle avoisiner la quinzaine de kilos!

Une soudaine tristesse se sera emparée de moi. Je me dis malgré tout que si elle est partie, c’est un signe qui a pour but de me dire :

« Thibault, ne perd pas espoir après une défaite ».

Sans compter qu’elle m’a laissé un cadeau qu’encore, je possède parmi d’autres :

Une belle écaille! Aux confins des mailles de l’épuisette !

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